Drame,  Sagas Famililales

Les silences – AMÉLIE ANTOINE

Edouard Bresson est un humoriste français, connu et reconnu, adulé de tous. Entouré de milliers de fans, de son équipe, de son manager, … et pourtant il est seul. Sa femme l’a quitté depuis quelques années et son fils ne lui parle plus, las de passer après sa carrière. Pour son fils, c’est l’incompréhension et la colère d’avoir eu un père absent. Pour Edouard, la vie et son enfance l’ont mené là, et si c’était à refaire, il aurait du mal à faire autrement. Comment faire comprendre à son fils qui il est réellement et pourquoi il a fait ces choix ?

C’est l’histoire d’un clown triste, d’un enfant qui essaye de faire rire son frère pour cacher sa culpabilité, ses émotions et se construire une carapace. Et ça marche tellement bien, qu’il devient l’humoriste préféré des français. Malheureusement pour lui son but premier, celui de se cacher derrière le rire pour tenir les autres à distance, a trop bien fonctionné et il se retrouve seul, déprimé et incompris de son propre fils.

Pourtant, il a tout fait pour ne pas refaire les erreurs de son père, tout ce qu’il voulait c’était rendre son fils fier de lui, lui laisser le champs des possibles ouverts. Mais il faut croire que la vie aime les schémas qui se répètent et en voulant s’éloigner de l’image qu’il avait de son père, il recréé les mêmes situations avec son fils…

Son fils qui ne le connait pas finalement et, est ce qu’il n’est pas trop tard pour ça ?

Le livre est divisé en deux parties : la vie d’Edouard, de sa jeunesse à aujourd’hui, où l’on comprend ses choix mués par un terrible évènement, et Arthur aujourd’hui, qui tente, pas toujours de bon gré, de connaitre et comprendre l’homme qu’est devenu son père via une chasse aux trésors qui l’emmènera à la rencontre de l’univers de son père.

 

L’auteure a réussi à me faire entrer dans l’histoire de cette famille, ces 3 générations d’hommes que tout semble opposer et qui pourtant sont liés. Elle m’a fait réfléchir aux évènements qui influent sur notre vie, comment notre famille proche, par rejet ou par amour, peut avoir un fort impact sur les choix que nous faisons et la vie que nous menons.

Le style est très fluide et le livre se lit facilement, le personnage d’Edouard est attachant et très réaliste (j’ai pensé a des humoristes que nous connaissons tous) et on l’imagine très bien dans son pull marinière, qu’il ne quitte plus depuis qu’il a réussi sa toute première audition en le portant.

J’ai beaucoup aimé avoir la vision du père, puis celle du fils – qui nous montre qu’on peut avoir une idée toute faite sur des gens, sans les connaitre vraiment. Certains souvenirs d’Arthur sont complètement faussés, soit par une déformation de la mémoire, soit par manque d’éléments et c’est forcément notre cas à tous.

La petite originalité d’écriture de la première partie est que chaque dernière phrase des chapitres est également la première du chapitre suivant. Et pour la deuxième partie, se cache dans le titre des chapitres un petit message, une sorte de conclusion du roman.

C’est un bon roman, mais c’est dommage, il manque un je-ne-sais-quoi qui me ferait passer des heures à lire sans m’arrêter!

  • Émotions : C’est une histoire de vie émouvante, j’ai eu beaucoup d’empathie pour les personnages.
  • Action : On passe en revue une cinquantaine d’années où il se passe pas mal de choses pour Edouard et sa famille, même si on peut difficilement appeler ça de « l’action ».
  • Suspens : Je n’ai pas vu venir la fin de la première partie, beaucoup plus la fin de la deuxième et pourtant c’est ici qu’on est curieux de voir ce qu’Arthur va apprendre sur son père.

A noter : ce livre est initialement paru aux éditions Michel Lafon sous le titre ‘Quand on n’a que l’humour’en 2017.

 

EXTRAITS

 » Son fils n’avait même pas fait l’effort de donner à un ami la place qu’il lui avait offerte, encore moins de la revendre au marché noir. Il n’avait pas non plus prévenu son père qu’il ne viendrait pas. N’avait jamais pour autant confirmé qu’il serait présent. Il n’y avait eu que le silence. Comme toujours depuis près d’un an.« 

« J’aurais voulu autre chose pour toi et moi, j’aurais voulu être un père différent de celui que j’ai eu, j’aurais voulu avoir un fils différent de celui que j’ai été, aussi. Peut-être est-on condamné à reproduire, de génération en génération, les erreurs de ses parents. Peut-être que chercher à faire tout le contraire, c’est le moyen le plus sûr d’aboutir au même résultat foireux. »

 

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