Coups de coeurs,  Romans historiques,  Thriller

La trilogie Berlinoise – PHILIP KERR

De 1936 à 1947, les enquêtes de Bernie Gunther, détective privé, spécialisé dans les divorces et les personnes disparues. Ancien flic, il a quitté la police, incapable de tolérer les purges qu’opérait Goering à cette époque. Les affaires tournent bien puisqu’il était un excellent flic, connu pour avoir arrêté l’étrangleur Gormann. On fait d’ailleurs souvent appel à lui, parfois contre son gré, pour résoudre des affaires de meurtre épineuses, qui sont liées à des évènements historiques impliquant souvent des complots biens plus grands qu’à 1ère vue avec des personnalités du Nazisme…

Si vous aimez les romans policiers et l’histoire allemande pendant la 2nde guerre mondiale : FONCEZ !

 

GLOBALEMENT

Partie durant un long weekend à Berlin, j’ai lu ce livre un peu au hasard pour me mettre dans l’histoire du pays. Il y a pleins de références à Berlin et ses places les plus connues (c’est encore mieux si vous connaissez un peu la ville, car on se sent plus dans le décor!). Je dois avouer que, ne parlant pas du tout Allemand, j’ai été un perdue au début par tous les noms allemands (de personnages ou de rues) dans l’enquête du 1er livre principalement.

J’ai tout de suite adoré le style de l’auteur et le personnage principal, Bernie : un enquêteur qui n’a pas sa langue dans sa poche, qui désapprouve les Nazis et se demande comment son pays a pu prendre un tel chemin. Pas avare de comparaisons drôles et parfois un peu graveleuses, il ne manque pas une occasion de dire ce qu’il pense avec humour sur le nazisme et ses dirigeants. Mais ce n’est pas pour autant un héro qui veut sauver toutes les victimes du nazisme, ni un anti-héro, qui s’en fout de tout, mais un homme qui fait ce qu’il peut au moment où il le peut. Quelle que soit l’origine des gens, ce qui lui importe au fond, c’est de ne pas laisser mourir un innocent.

J’ai trouvé ça très original comme approche de cette époque car la plupart des livres sur la 2nde guerre mondiale en Allemagne sont très larmoyants. Alors bien sûr, ici le contexte n’est pas drôle et le livre ne cache rien de ce qui se passe à cette époque, mais en le voyant sous le prisme d’un enquêteur, ça change de ce qu’on a l’habitude de lire.

Ce qui est ultra captivant c’est que les enquêtes de Bernie, en plus d’être très bien chiadées et impossibles à découvrir avant la fin, se rattachent à des éléments historiques de l’Allemagne. C’est à dire que l’auteur nous propose un roman tissé autour d’éléments réels et donc une proposition complètement plausible et non démentie par l’histoire. En effet, de nombreux éléments historiques de cette époque sont encore dans l’incertitude, et l’auteur en tire parti pour nous offrir une trilogie prenante! On croise donc de hauts dirigeants Nazis tels que Goering, Himmler, Heydrich, Muller, Nebe… dans des situations tout à fait réelles ou tout du moins possibles.

 

DANS LE DETAIL DES LIVRES

Ce livre réunit en fait 3 romans policiers : L’Eté de cristal, La pâle figure et Un requiem Allemand. Chacun à une époque différente, retrace une enquête de Bernie :

  • « L’Eté de cristal » se déroule en 1936, sur fond de montée du nazisme et des Jeux Olympiques à Berlin où les Nazis essayent de faire bonne figure sur la scène internationale. Il retrace une enquête sur un double meurtre et un vol dans la famille d’un important industriel allemand, Hermann Six… Il se termine sur l’essor du nazisme, et notre enquêteur favori se retrouve dans une position peu enviable. 

Mon Avis : Dans ce 1r roman, j’ai adoré découvrir Berlin en 1936, suivre Bernie, personnage attachant et loufoque dans ses enquêtes et redécouvrir les rouages de l’Allemagne Nazie en plein essor. J’ai moins aimé l’enquête en elle-même et la multitude de noms Allemands qui m’ont perdue.

  • « La pâle figure » débute en 1938 : les Nazis sont bien installés au pouvoir et la montée de l’antisémitisme va atteindre un certain stade lors de la Nuit de Cristal. Quelques mois avant ce drame, Bernie est appelé par une veuve, victime de chantage et menacée de rendre publiques des lettres d’amour de son fils homosexuel à son amant, chose que les Nazis n’appréciaient guère. En parallèle, Bernie se fait embaucher de force par la police, pour résoudre les meurtres en série de jeunes adolescentes aryennes…

Mon Avis : Plus noir que le précèdent, ce livre m’a davantage intéressée que le premier ou j’étais un peu perdue. Pour commencer, l’enquête d’un serial killer était captivante. De plus, on en apprends plus sur les conflits au sein de la SS, l’idéologie mystique nazie, la Nuit de Cristal, …. Encore une fois, les dates sont respectées et j’ai appris beaucoup de choses (merci Wikipédia pour vérifier tout ça après la lecture^^).

  • Pour « Un requiem Allemand », on fait un bond dans le temps, jusqu’en 1947 : la guerre est terminée mais rien n’est fini finalement. Berlin est séparée en deux, et l’après guerre rime avec rationnement, marché noir, reconstruction de la ville et conflit entre soviétiques et américains. Bernie, notre fameux enquêteur, n’est pas très bien vu car il a travaillé avec les SS en tant que commissaire et faisait donc partie du système, même s’il a décidé, pour la 2nde fois de sa vie, de le quitter de son plein gré. C’est d’ailleurs son passé qui le rattrape car une ancienne connaissance, ex SS, est accusée de meurtre sur un lieutenant américain à Vienne, ville qui est elle aussi divisée entre les Soviet et les Américains…

Mon Avis : J’ai encore été un peu perdue, par moment, dans les noms d’organisations russes et américaines, mais l’enquête était sacrément bien ficelée, peut être la mieux ficelée des trois! Et la fin était vraiment bien, je ne m’y attendais pas du tout, et comme toujours très instructive.

 

  • Émotions : L’époque, les personnages, les conditions de vie de certains personnages en font un contexte peu glorieux et triste, mais sans tomber dans le larmoyant.
  • Action : Oui, il se passe tout le temps quelque chose, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai eu du mal à lâcher le livre!
  • Suspens : Oui, oui, oui !

 

Pour finir, je conseille cette trilogie : du plaisir et de la culture en même temps, que demander de plus ?^^

Si comme moi vous avez aimé, sachez qu’il y a encore 11 autres romans de KERR retraçant les enquêtes de Bernie! Je ne sais pas si je lirai les 11 mais c’est toujours rassurant d’avoir une Valeur Sure de côté quand on ne sait plus quoi lire ou qu’on est en panne de lecture !

 

EXTRAITS

« Pour moi, ils devaient se demander pour quelle raison la Gestapo avait choisi dans ce bâtiment. Car à bien y regarder, l’école d’art auparavant installée au numéro 8 de la Prinz Albrecht Strasse et la Gestapo, qui l’occupait à présent, n’avaient pas grand chose de commun si ce n’est, à en croire une plaisanterie fort répandue, qu’on savait vous y arranger le portrait. « 

« Je compris quelques jours après ma sortie de l’hôpital. Et j’en fus presque malade. Ces Américaines avaient peur de moi, tout simplement parce que j’étais Allemand. Comme si, lorsqu’elles me regardaient, elles voyaient défiler les bandes d’actualités sur Bergen-Belsen ou Buchenwald. En réalité, une question papillotait dans leurs yeux : comment avez vous pu laisser faire ça ? Comment avez vous pu tolérer de telles horreurs ? Sans doute, pendant plusieurs générations, quand ils croiseront notre regard, les citoyens des autres nations nous poseront ils la même question muette. »

 

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