Coups de coeurs,  Romans historiques,  Sagas Famililales

No Home – YAA GYASIE

Tout commence au XVIIIe siècle en Côte-de-l’Or, avec l’ histoire d’Effia et d’Essi, deux demi-soeurs dont les chemins vont se croiser, sans jamais se rencontrer. La première est mariée, par sa famille, au capitaine anglais du fort de Cape Coast, qui gère la traite des esclaves. La deuxième, est capturée puis vendue comme esclave en Amérique, par les anglais de ce même fort. De chapitre en chapitre, et de génération en génération, l’histoire suit les descendants de chacune au Ghana et en Amérique.

Chaque génération des deux branches de la famille a droit à un chapitre dédié. On avance ainsi dans le temps avec chacun d’entre eux et cela nous donne une vision globale de l’esclavage et de l’avancée de la position des noirs, notamment en Amérique. L’auteure traite ici de plusieurs siècles de combats à travers le quotidien de chacun, et c’est écrit de manière très fluide, ce qui fait que j’ai dévoré ce livre !

Passer d’un personnage à un autre à chaque chapitre est à la fois captivant et déroutant. Heureusement qu’un arbre généalogique est détaillé au début du livre, j’y ai fait appel plusieurs fois afin de ne pas perdre de vue qui était qui. Car, en parallèle de l’histoire de l’esclave et de ses conséquences sur les noirs même après son abolition, on réfléchit aussi sur la famille et ce que notre généalogie nous transmet, sans même que nous en ayons conscience.

  • Émotions : Fortes ! Les vies que l’on suit ne sont pas de tout repos et souvent marquées par des drames mais aussi des bonheurs et des victoires. C’est pour cela qu’on arrive à s’attacher à tous les personnages, malgré leur multitude.
  • Action : Quelques scènes d’actions et de violence, les personnages ont dû se battre pour rester en vie et évoluer dans ce monde injuste.
  • Suspens : Pas dans le sens d’un roman policier, mais oui il y a du suspens : que vont ils devenir ? comment leurs enfants et petits enfants trouveront-ils leur place ?…

Superbe roman, qui donne à réfléchir sur les atrocités commises hier et sur les inégalités noirs/blancs : c’est donc un roman historique fort et très enrichissant.

 

EXTRAITS
« Nous croyons celui qui a le pouvoir. C’est à lui qu’incombe d’écrire l’histoire. Aussi quand vous étudiez l’histoire, vous devez toujours vous demander: « Quel est celui dont je ne connais pas l’histoire? Quelle voix n’a pas pu s’exprimer? » Une fois que vous avez compris cela, c’est à vous de découvrir cette histoire. A ce moment-là seulement, vous commencerez à avoir une image plus claire, bien qu’encore imparfaite. »

« H grommela. « Quand un homme blanc a jamais écouté un homme noir?
– Je suis ici en ce moment, il me semble. Et j’écoute, répliqua l’autre.
– T’es un ancien prisonnier.
– Toi aussi. »
H regarda autour de lui. Il y avait là une cinquantaine d’hommes, dont plus de la moitié étaient noirs.
« Qu’est ce que tu as fait de mal? » demanda H, soutenant le regard du Blanc.
L’homme refusa de parler au début. Il gardait la tête baissée et se raclait la gorge sans arrêt, au point que H se demanda s’il avait quelque chose dans la bouche. Les mots finirent par sortir. « J’ai tué un homme.
– Tué un homme, hein? Tu sais pourquoi ils ont coffré mon ami Joecy? Il n’a pas changé de trottoir quand une femme blanche est passée près de lui. Pour ça, il a écopé de neuf ans. Pour avoir tué un homme, tu as eu pareil. On était pas des prisonniers comme toi. »

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